3,45 hectares /637 jours -Les Grands Voisins

 

 Titre :


Photographies : Catherine Griss

Graphisme : Anne Ponscarme et Olivier Fontvieille - offparis.fr
Quadrichromie images : Bruno Cordonnier - Atelier Surexposés
Impressssion : Escourbiac
Nombre de pages : 184
ISBN : 979-10-699-2104-7
Types de papiers utilisés :
- Couverture : imprimée sur carte 1 face 280 g
- Intérieur 168 pages : imprimé sur
offset blanc Lys Galilée 140 g
- Intérieur 16 pages : imprimé sur Sirio Color Perla gris 80 g


Prix: 35 euros   
Frais de port: 8 euros 

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Éloge de l‘éphémère

La photographie que pratique Catherine Griss est celle du constat. En se fixant pour objectif de documenter l’évolution d’un  territoire donné et du groupe humain qui l’occupe, elle s’est trouvé confrontée à une situation paradoxale : comment rendre compte  d’un lieu éphémère, d’un lieu en transition ? Comment à la fois rendre sensible ce qu’il n’est plus, montrer son état présent instable et suggérer ce qu’il va advenir de lui ? 

Aux blouses blanches et aux enfants malades de l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul, a succédé la population bigarrée des Grands Voisins, faites de groupes sociaux on ne peut plus divers mais qui tous aspirent à une cohabitation harmonieuse et créatrice bien que temporaire. 
Cette fragilité d’un présent en suspend, coincé entre hier et demain, Catherine Griss l’épingle dans des détails modestes, des indices discrets laissés par des époques successives et qui, eux aussi, cohabitent sans heurts dans l’espace du cadre, ou même entrent en résonnance pour faire sens ensemble. Les couloirs aujourd’hui désertés et silencieux de l’hôpital, l’immobilité définitive des ascenseurs, témoignent qu’un monde a brusquement pris fin. Des blocs opératoires semblent encore en attente d’une vie à sauver ; dans les chambres dévastées de la maternité ou des urgences pédiatriques, les figures peintes d’un Babar ou de poissons amicaux continuent de vouloir rassurer les plus jeunes patients.

Là où se jouaient quotidiennement la vie et la mort des enfants, se déploie l’élan collectif et enthousiaste de jeunes gens engagés dans des travaux de rénovation. L’investissement progressif des bâtiments par les nouveaux venus, celui des cours par une nouvelle végétation, voire par des poules ou des moutons, indique qu’une page se tourne. Ici et là, la vie s’installe, sommairement, dans des chambres improvisées, des ateliers de fortune. Des lieux sont détournés pour créer un jardin, des restaurants, une brocante. Ici, bricolage et récupération deviennent des arts à part entière. De grandes fêtes scandent le temps et l’avancée des chantiers, rapprochent pour un moment des destins éloignés. 
Tout cela, Catherine Griss le capte avec distance – avec pudeur – comme en passant. En contrepoint, le défilé des visages familiers s‘offre au photographe comme autant de remerciements pour quelques mois de vie partagée. Car en définitive, elle est une résidente parmi les autres. 
Si la mélancolie semble avoir peu de place dans cette communauté vouée à la dispersion, dans ces lieux promis à la destruction, c’est que la précarité est ici assumée. Elle est la condition-même de la renaissance de ces 3,45 hectares, le fil conducteur de ces 637 jours de démolition et de création, de souvenirs et d’élans. C’est peut-être pour cela que lieux et personnes semblent si fragiles dans les images de Catherine Griss. Qui a dit que la photographie figeait le temps ?

Jean-Christian Fleury

 

 

 

 

 

 

 












 

 





INTERVIEW CATHERINE GRISS
INTERVIEW AVEC BASTIEN SIMON


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